El Salsero

Journal de bord de ma vie d'expatrié français au Venezuela

20 novembre 2009

Le processus bolivarien face à lui-même

Le 15 novembre dernier, les militants du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) étaient appelés à élire leurs délégués au Congrès extraordinaire qui se déroulera du 21 novembre au 13 décembre. Ce congrès arrive à un moment clé pour le parti mais aussi pour le processus bolivarien qui affronte de plus en plus les conséquences de sa bureaucratisation.

Sébastien Brulez, Caracas


Près de 2,5 millions de militants du PSUV ont élu 772 délégués parmi 1800 candidats et candidates, le tout supervisé par le Conseil national électoral (1). «Il n'y a aucun doute sur le fait que cela a été une grande journée démocratique», commente Gonzalo Gómez, militant du PSUV élu parmi les délégués pour l'arrondissement de Caracas.

Pourtant Gonzalo, comme de nombreux militants de base, aurait aimé voir une plus grande représentation de camarades liés aux travailleurs, aux paysans et à ce qu'on appelle ici «la révolution dans la révolution». C'est une demande qui se fait de plus en plus sentir dans le mouvement populaire face à l'inefficacité de la bureaucratie et, bien souvent, la corruption qu'elle entraîne.

«Les militants ont élu directement leurs représentants au congrès, cependant tous ces votes n'ont pas la même orientation. Il existe des différences politiques parmi les délégués, des différences sur les rythmes que doit suivre la révolution, des différences sur la relation entre le parti et l'Etat, etc.», explique Gonzalo, qui est également co-fondateur du site web d'information alternative Aporrea.org.

Il faut dire que jusqu'à présent, la relation parti-Etat n'a pas vraiment favorisé l'apparition de nouvelles figures politiques. En mai dernier le président vénézuelien Hugo Chávez, qui est aussi le président du PSUV, avait annoncé une réorganisation du parti en désignant les responsables des directions régionales. Résultat: la première vice-présidente du parti n'est autre que Cilia Flores, présidente de l'Assemblée nationale (Parlement). Et parmi les six responsables régionaux, quatre sont des ministres en fonction.

C'est donc là l'un des principaux défis de ce congrès, arriver à installer un rapport de force face à la bureaucratie. «Le parti représente encore énormément l'appareil d'Etat», reconnait Gonzalo. Mais l'organisation manque également de structures intermédiaires, entre les «patrouilles» (unités de bases réorganisées récemment et composées de 20 à 30 de militants) et les directions régionales, ce qui rend la tâche des cadres moyens plus difficile et ne facilite pas du tout la communication entre ces mêmes patrouilles.

Un congrès au tiroir?

En janvier 2008, le PSUV avait réalisé son congrès de fondation, qui devait jeter les bases de son fonctionnement démocratique. Cependant, beaucoup de questions restent toujours sans réponse à l'heure actuelle. Gonzalo Gómez estime que ce congrès de décembre sera le véritable congrès de fondation du parti. «Le congrès de 2008 n'a pas été mené à son terme. Les statuts et la déclaration de principes ont été approuvés, mais le parti et sa direction n'ont pas assimilé ces apports avec maturité. Nous étions en période préélectorale et cela a fait en sorte que ces propositions se retrouvent au tiroir», ajoute-t-il.

Le fonctionnement du parti sera donc à l'ordre du jour mais les militants demandent aussi une définition claire du projet socialiste. La participation des travailleurs dans la gestion des entreprises, la nécessité de rompre les structures de l'Etat bourgeois et d'avancer vers un véritable pouvoir populaire seront également mis sur la table par certains délégués. «Les propositions des mouvements sociaux doivent parvenir au parti, les travailleurs doivent eux aussi avoir une plus grande place dans la direction et passer des revendications syndicales aux revendications politiques. Il y a des pas qui sont fait dans ce sens», précise Gonzalo.

Finalement, les failles internes du PSUV ne sont que le reflet des freins qui pèsent sur le processus en cours au Venezuela. Enquilosé par la bureaucratie, il a encore l'opportunité d'avancer mais doit agir vite. L'ex-vice président de la République, José Vicente Rangel, alertait récemment dans un article publié dans la presse locale sur «le pessimisme qui avance dangereusement». Le titre de son article: «Quelque chose est en train de se passer»...



Note:

(1) Au Venezuela le «pouvoir électoral» constitue un pouvoir à part entière, en plus de l'Exécutif, du Législatif, du Judiciaire et du pouvoir citoyen. Le Conseil national électoral (CNE) est chargé d'organiser non seulement les élections classiques mais également les élections internes des organisations syndicales et politiques. Parmi ces dernières, le PSUV est la seule jusqu'à présent à avoir rempli cette exigence démocratique pourtant reconnue dans la Constitution.

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06 novembre 2009

Referendum populaire à Caracas contre les bases US et contre le coup d’Etat au Honduras

Dimanche 25 octobre s’est déroulé dans le quartier 23 de Enero (l’un des plus pauvres de Caracas), le premier referendum contre les bases US et contre le coup d’Etat au Honduras.

Suite à l’annonce, par la Colombie, de l’installation de sept bases US sur son territoire, Evo Morales avait lancé un appel à un référendum populaire continental, afin d’inviter la population à se prononcer sur la politique impérialisme nord-américaine. Prenant au mot le président bolivien, Les groupes sociaux et politiques de 23 de Enero, quartier historiquement très militant, ont donc organisé cette consultation avec l'intention de promouvoir la mobilisation des peuples contre l’offensive nord-américaine. « Pour les Etats-Unis, l’Amérique Latine n'est pas un ensemble de nations indépendantes, mais un terrain à coloniser militairement pour profiter de la grande quantité de ressources naturelles dont elle dispose », explique Juan, l’un des organisateurs de la consultation. Et quand on lui demande pourquoi le referendum, mêle à la fois les bases américaines et le coup d’Etat au Honduras, Juan répond : « Parce que ca fait partie d’une seule et unique politique. Et cette consultation est aussi l’occasion pour nous d’envoyer nos salutations révolutionnaires en particulier à nos camarades de Colombie et du Honduras, de ces bastions de la résistance qui sont confrontés à des régimes fascistes. »
Contre le capitalisme
Pour Zulieka, autre dirigeante du quartier, « Ce n’est pas seulement une invitation à voter. Cette consultation doit être prise dans le cadre de la lutte pour changer le monde, comme une étape dans la lutte pour abattre le capitalisme et sa politique de guerre  et d'ingérence qui méprisent ouvertement la souveraineté des peuples ». Tous sont persuadés que derrière les événements du Honduras et la politique colombienne, se cache la même volonté d’en finir avec le processus bolivarien, le mauvais élève de la classe, Et Zulieka de rajouter : « Ce que les Etats-Unis ne comprennent, c'est que les peuples du monde ont accumulé suffisamment d'expérience pour savoir que le capitalisme est c’exploitation, l'injustice, la faim, la répression et la misère. Le capitalisme doit être vaincu si on veut que le monde soit sauvegardé. Il faut se rappeller la phrase prémonitoire Rosa Luxembourg, Socialisme ou barbarie»
13 000 personnes ont voté
Et de fait, l’expérience est une réussite. Après 6 heures de vote, ce sont plus de 9000 personnes qui se sont exprimées. A ceux-ci, il convient d’ajouter les 4000 personnes qui ont voté par internet, la page web Aporrea ayant décidé de promouvoir le référendum. Au moment du comptage, les résultats sont sans surprise et affiche un 99% de contre. « Ce qu'il faut maintenant pour maintenir cet état de mobilisation anti-impérialiste et répéter cette expérience à travers le pays et le continent », affirme Staline Pérez, dirigeant de Marea Socialista. De fait, un appel à été lancé au sein de la UNT (principale centrale syndicale du pays) par Staline Pérez et par Marcela Maspero (dirigeante du courant CTR)  pour «organiser des manifestations similaires dans les usines et lieux de travail».  Nul doute, qu’une telle initiative fera des émules.

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02 novembre 2009

Rubén Blades et Marc Anthony à Caracas

Ce sont deux monstres de la salsa. Deux géants qui à leur manière et dans des styles différents, ont participé à l’Histoire de la salsa. Rubén Blades et Marc Anthony étaient présents à Caracas jeudi dernier pour un concert exceptionnel. Malgré un tarif prohibitif (350 bolivars la place, soit 120 euros), prés de 25000 personnes étaient venu leur rendre hommage. En bon salsero, je ne pouvais évidemment pas louper l’événement. Bien sûr ma préférence va  à Rubén Blades. Et chacune de ses chansons m’ont fait penser à vous. Ce qui frappe chez Blades, c’est la justesse de ces mots, la force de ses histoires pour décrire la société latino, ces maux et ses folies, mais aussi ses joies et ses espérances. En écoutant Plástico ou bien encore Amor y Control, je me revois avec Julien à la terrasse d’un café. Ce jour-là nous rencontrons une bonne copine. Une camarade. Elle allait à un concert de rock. Nous lui disons que pour notre part, nous irons faire un tour au Puerto Habana. Et là, fuse de sa bouche cette réflexion sans appel : « Ah, non, les chansons du style on est content, il y a le soleil, la plage et les palmiers, très peu pour moi ». En écoutant la qualité des textes de Blades, jeudi soir, je n’ai pu m’empêcher de penser à elle. A tout ce que ses mots reflétaient d’ignorance de ce style musical, mais aussi la connotation un brin raciste qu’il y avait dans ses paroles. Juju, tu te rappelles sûrement de qui je parle…

Quand Blades reprend Buscando Guayaba, je me revois suivant les pas de Françoise, avec Bernard à mes côtés. Et quand commence Decisiones, c’est une soirée à Los Teques, en compagnie de Pamela, Christophe et Claudia qui me revient en mémoire… Christophe, tu t’en souviens, j’en suis sûr.

Enfin, à la fin du concert, après 2 heures et demi de show, quand Blades termine par Pedro Navaja, c’est bien sûr à Pierre que je pense et à ce premier voyage fait en commun sur cette terre qui m’a adoptée. C’est à regret que je vois s’éloigner ce grand artiste.

Marc Anthony fait sont entrée à font la caisse par Ahora quien, cette chanson devenu un tube planétaire. Le show est bien rôdé, très professionnel, enchante la foule, mais n’a pas le charme et la tendresse de son prédécesseur. Après une heure et demie, Anthony s’en va, non sans avoir chanté Mi gente d’Hector Lavoe. Quant à nous, on rentre tranquillement se coucher, avec encore plein d’images et de son dans la tête.

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Pour vous, ces photos exclusives du concert !

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13 octobre 2009

Libertador Morales, El Justiciero

Libertador_cartelLe cinéma vénézuélien n’est pas l’un des meilleurs d’Amérique Latine. Il n’a pas la richesse des cinémas cubain, argentin ou encore brésilien. La telenovela est passé par là, et le Venezuela manque cruellement de bons acteurs et de bons réalisateurs. Les réalisateurs les plus connus sont Román Chalbaud (Caracazo) et Luis Alberto Lamata (Miranda Regresa et surtout l’excellent Jerico).
Mais depuis quelques temps, des efforts sont faits, à l’initiative du gouvernement bolivarien, pour tenter d’impulser un cinéma national de qualité. Une maison de distribution a été créée, Amazonia Films, et petit à petit de nouveaux films sortent. Certes ce sont encore des films qui ont beaucoup de défauts tant dans le jeu que la direction d’acteurs  mais lentement les choses évoluent. L’un de ces films s’appelle Libertador Morales, El Justiciero, et raconte les péripéties d’un mototaxi. Peut-être qu’aurez-vous un jour la possibilité de le voir en France car Amazonia Films vient de m’embaucher pour faire le sous-titrage en français, avec l’idée d’en faire la promotion dans les pays francophones. En attendant de pouvoir le voir dans votre salle de ciné préférée, voici pour vous la bande annonce.

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08 octobre 2009

Violence policière

La violence policière au Venezuela n’est pas une nouveauté. Racket, violence  gratuite, meurtres sont malheureusement monnaie courante. Mais la différence aujourd’hui,  c'est que les gens hésitent de moins en moins à dénoncer ces abus. Je vous propose de visionner une petite vidéo faite par Avila Tv, télévision alternative, qui incite à dénoncer ces violences policières.

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15 septembre 2009

Tremblement de Terre à Caracas

C'est arrivé samedi après-midi. L'ensemble du Venezuela, mais surtout Caracas, a ressentit un tremblement de Terre enregistré, en son epicentre, à 6.2 sur l'echelle de Richter. Fort heureusement, aucune victime n'est à déplorer, mais je peux vous dire que même si cela dure quelques secondes à peine, cela secoue sacrément ! Pour vous en faire une petite idée, voici une video de TeleSur. Regardez notamment les images prises par la caméra de sécurité de l'immeuble de TeleSur: Impressionant !

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25 août 2009

Seulement au Venezuela

Cela s'appelle Solo en Venezuela, et c'est une page web qui rassemble les photos les plus incongrues prises aux quatre coins du pays. Autant vous dire que ce n'est pas triste ! Je vous en ai fait une petite selection, rien que pour vous. ¡Que la disfruten!

Antivol chasse d'eau perso
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Guichet automatique pour les grands
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La Buisness Class en autobus
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Pizzeria ET salon de beauté
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Moto avec l'option coffre
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Service solidaire
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Baignade interdite
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S'il vous plaît, ne stationnez pas ici, on jette des pierres depuis en haut: C'est sérieux !
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Livraison à domicile
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Ma fille est diplômée de maternelle
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On n'arrête pas le progrès
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Electricité pour tous
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Filtre à eau perso
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Jeep perso
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On a toujours besoin d'un décapsuleur
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Mate le créneau !
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Folle au volant
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Transport en commun
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Concurrence déloyale
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Salon de coiffure du peuple
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À quand le MP6 ?
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Ne sois pas pingre, achètes-moi une glace !
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Lave-linge ET réfrigirateur
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Attention, il n'y aura pas de service médical ce week-end. Fais gaffe à toi !n1072331518_290982_54590000_500x375

Boire ou conduire...
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Enfin ma fille est bachellière !
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Moto sound system
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Epicerie du Point G : c'est l'extase !
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Ne pissez pas par terre !
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Ma soeur est une pute... et avocate aussi !
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Ne pas passer. Chiens irrationnels qui attaquent et tuent, mordent au cou, et qui aiment la chair humaine. Quand ils sont en colère, personne ne les contrôle. Ils n'obéissent pas, ils n'aboient pas, ils attaquent en silence. Vous êtes avertis !
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Et pour finir ma préférée. On se demande pourquoi la CIA n'a pas commencé par là : Plus d'un millions de résultats !
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24 août 2009

Pourquoi les Vénézuéliennes sont-elles des bombes planétaires?

Article lu aujourd´hui sur 20 minutes, apres l'élection d'une vénézuéliene, une fois encore, au concours de Miss Univers. Je vous laisse juge...

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CONCOURS - Le pays truste les podiums des concours de beauté internationaux depuis des décennies...
«Qu'avons-nous de spécial, nous les Vénézuéliennes? Nous sommes nous-mêmes», a déclaré dimanche la nouvelle Miss Univers, Stefania Fernandez. Si la réponse n’est -comme souvent- pas très éloquente, la question mérite d’être posée.

Le Venezuela squatte en effet depuis plusieurs années les premières places des concours de beauté. Lors des dix dernières éditions de Miss Univers, le pays n’a fait chou blanc qu’à deux reprises. Toutes les autres fois, les candidates étaient au moins dauphines. Si l’on fait les comptes, le Venezuela a emporté six titres de Miss Univers, cinq de Miss Monde, et un de Miss Terre. Un palmarès à en faire rougir la France qui, depuis un doublé Univers/Monde en 1953, traverse une période de vaches maigres.

Une obsession culturelle

Au Venezuela, la beauté est vénérée et les compétitions adulées. A la télé, l’élection de la Miss nationale bat régulièrement des records d’audience. Une école a même été créée dans le but de «rendre les candidates parfaites», selon les termes d’Osmel Sousa, président du concours Miss Venezuela. Le Times, qui y a consacré un reportage il y a un an, rapporte que les cours y commencent à 8 heures pour terminer parfois à 22 heures. On y apprend à marcher sur des talons démesurés, à poser pour des photographes, à se maquiller seule et à répondre aux questions délicates d’un jury.

Et lorsque la cellulite ou la peau d'orange commencent à poser trop de problèmes, passer sur le billard est une solution abordable. Une augmentation mammaire se négocie autour de 4.600 bolívares (soit environ 1.500 euros), et une liposuccion autour de 3.080 bolívares (1.000 euros). Osmel Sousa n’hésite d’ailleurs pas à encourager les candidates à ce genre de méthodes. «Quand une fille est trop paresseuse pour faire de l’exercice ou travailler sur son tour de taille, tout enlever d’un coup est bien plus simple», affirme-t-il au Times.

Contactée par 20minutes.fr, Sylvie Tellier, directrice générale de la Société Miss France et elle-même Miss France en 2002, regrette elle aussi que «dans certains pays d’Amérique du Sud, des mères offrent une augmentation mammaire pour les 15 ans de leur fille.»

Une bistourisation des podiums ?

Les Miss doivent-elles pour autant passer par la case scalpel pour espérer briller lors d’un concours international? «Pas forcément», continue Sylvie Tellier, «notre Miss Chloé Mortaud, qui est 100% naturelle, a terminé cinquième dauphine. C’est un très bon résultat.».

Rien n’a pour l’instant filtré sur le passé chirurgical de la nouvelle Miss Univers, Stefania Fernandez, mais des rumeurs courent déjà à propos de «petites retouches». Reste qu’en France, avoir eu recours à la chirurgie plastique n’empêche pas de concourir devant Geneviève de Fontenay…

Vincent Matalon

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15 août 2009

Toujours là...

Salut les poteaux, désolé pour ce long silence... Je vais très bien, rassurez-vous (ca c'est pour les messages d'inquiétude que j'ai recu...). Simplement j'ai été jusqu'ici extrèment occupé par les évènements locaux. Mais ne dit-on pas, pas de nouvelle bonne nouvelle ? En attendant de vous écrire plus longuement et de vous raconter tout cela en détails, voici une petite vidéo pour vous faire patienter. Elle est de super mauvais goût mais j'adore... Et puis la chanson est signée Ruben Blades, alors... Une petite dédice particulière à Pierre, ca lui rappelera des souvenirs...

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06 juin 2009

Un an après sa nationalisation, la nouvelle SIDOR explore les chemins de la participation

En mai 2008, après 15 mois de lutte, Hugo Chavez annonce la nationalisation de SIDOR, principale aciérie du pays, appartenant au groupe argentin Techint. Un an après, retour sur les changements et les attentes des travailleurs.

15h. William Farias, électricien de maintenance, pointe pour prendre son tour à SIDOR, entreprise qui applique les 3 huit. Casque sur la tête, masque anti-poussière, lunettes, casque anti-bruit, chaussures de sécurité, autant de protections qui semblent pourtant bien dérisoires au regard de la dureté du travail au sein de cette immense usine qui s'étend sur plus de 900 hectares et qui produit 4 millions de tonnes d'acier par an. «Après 20 ans ici, je ne m'y suis toujours pas habitué», confie-t-il. José Eduardo Pinto, 52 ans, 25 d'ancienneté confirme «j'arrive toujours au travail avec la peur au ventre».

Puerto Ordaz, où est située l'entreprise, est une ville où la température dépasse quotidiennement les 30 degrés. A SIDOR, le thermomètre flirte plus généralement avec les 40. A cela viennent s'ajouter le fracas assourdissant des machines et la poussière de métal en suspension qui s'infiltre dans tous les pores de la peau et scie les chairs à chaque mouvement. Armés de protections supplémentaires, certains ouvriers travaillent face aux fours où le métal en fusion atteint les 1500 degrés. Andrés, aujourd'hui technicien, en garde encore les séquelles sur ses mains brûlées par l'explosion d'un four, à l'époque où il était opérateur.

De profonds changements

Pourtant, malgré la pénibilité du travail quotidien, ils sont nombreux à exprimer leur fierté d'appartenir à cette usine, sentiment d'autant plus grand aujourd'hui que l'entreprise a été renationalisée. Une nationalisation qu'ils ont arraché il y a un an de haute lutte. Ce retour dans le giron de l'Etat leur a apporté un certain nombre de bénéfices immédiats. «Les bénéfices des travailleurs se sont améliorés de 200%. Avant nous étions marginalisés, humiliés, sacrifiés par une multinationale qui nous volait notre vie, qui nous volait tout», commente José Eduardo.

En effet, l'ancienne direction était uniquement préoccupée par les questions de production et de productivité, au détriment des hommes et des machines. Aujourd'hui tous soulignent le changement profond d'ambiance qui ouvre une large place au dialogue et qui permet de prévenir les problèmes techniques ou les conflits humains avant qu'il n'éclatent. Sirio Velasquez, chef de bureau aux Ressources Humaines, précise d'ailleurs qu'à l'époque, vu les conditions de travail, «il y avait une grande rotation des effectifs. Actuellement il existe une volonté d'adapter les postes à l'âge, l'expérience et les capacités de chaque travailleur». De fait, de nombreuses d'entreprises privées ont décidé de ne plus travailler avec SIDOR après la nationalisation. «Les entreprises sous-traitantes sont passées de 630 à environ 300. Beaucoup ne voulaient pas travailler avec l'Etat, d'autres n'ont pas voulu s'adapter au nouveau cahier des charges».

Mais les conditions de travail n'ont pas été les seules à évoluer. Les salaires ont eux aussi connu un changement significatif. Sirio indique qu'un ouvrier non qualifié débutant touchait  sous Techint 800 bolivars (l'équivalent de 270 euros), soit le salaire minimum. Aujourd'hui, ce même ouvrier gagne 2600 bolivars (soit 870 euros). Et un ouvrier d'exhiber fièrement sa fiche de paie qui affiche, après vingt ans d'ancienneté, un salaire de 5800 bolivars (1900 euros). La nationalisation obtenue prend d'un coup un aspect plus concret.

Les sous-traitants ont pu eux aussi vérifier les avantages de la nationalisation. Être travailleur titulaire ne relève pas que du symbolique, de nombreuses disparités existaient par rapport à leurs collègues, même si elles disparaissent progressivement. Il y a bien sûr la question des salaires mais d'autres discriminations existaient sous la gestion privée. Les sous-traitants n'avaient par exemple pas accès aux réfectoires, les obligeant à manger à l'extérieur ou dans les ateliers sans aucune norme d'hygiène. Il leur était également interdit d'utiliser les bus menant les travailleurs à l'usine, située pourtant à plusieurs kilomètres de la ville. Autant d'éléments qui montrent l'importance d'être titulaire chez SIDOR.

D'autres types d'attente se font jour

Ainsi, 1300 sous-traitants sont passés en CDI, portant le nombre de «sidoristes» à 6200, ceci en application d'une clause de la convention collective négociée entre 2006 et 2008 par le syndicat et Techint, établissant les conditions de titularisation des personnels.

Toutefois, il existe des laissés pour compte de ce processus d'intégration. Giovanni Ford, technicien sous-traitant travaillant à SIDOR depuis 1996, fait partie de ceux-là. Pour lui, «aucune étude sérieuse n'a été menée pour savoir qui devait être intégré. L'établissement des listes s'est fait de manière aléatoire et la convention collective a été mal appliquée». De fait, les choix d'intégration de la nouvelle direction de SIDOR révèlent un certain nombre d'incohérences, puisque des sous-traitants se sont vu refuser la titularisation malgré une ancienneté bien supérieure à d'autres.

Au-delà de ce problème, c'est bien le fait que la nouvelle direction, comme l'ancienne, prenne des décisions de manière unilatérale, qui est montré du doigt. César Olarte, contremaître,  comprend bien que cette année écoulée était avant tout une année de transition, mais il entend bien que la nouvelle direction laisse de l'espace aux ouvriers dans le contrôle de l'usine.

Contrôle ouvrier, le mot est lâché. Beaucoup d'entre eux en parlent sans en avoir toujours une définition bien précise. Tous sont toutefois d'accord pour dire qu'après la nationalisation, il est important que les travailleurs prennent le contrôle de l'usine, de leur usine. Pour William, les premières tables rondes qui ont eu lieu entre d'un côté les travailleurs de SIDOR et de l'autre, Maria Cristina Iglesias, ministre du Travail, et Jorge Giordani, ministre de la Planification, sont essentielles. Elles marquent l'importance de l'écoute du gouvernement. «Elles doivent permettre de réfléchir à une production de l'acier non pas à l'échelle de la seule SIDOR mais bien à l'échelle de la région de Guayana (sud-est du pays). La production devrait ainsi passer de 4 à 15 millions de tonnes par an, en concertation avec les ouvriers qui décident combien et comment produire», indique William.

César note que les ouvriers ne doivent pas simplement appliquer un plan de production qui serait décidé par la direction ou l'Etat, mais participer à l'élaboration même de ce plan. «Même le budget doit faire l'objet d'un vote en assemblée ouvrière» argue-t-il, avant de préciser : «Quelles machines doit-on acheter ? Quelles doit-on réparer ? Pourquoi ?... Tous les budgets, tous les comptes doivent être transparents pour permettre à chacun de participer à la conduite de son usine». C'est aussi ce qui vient en premier à la bouche de José Eduardo quand il parle de contrôle ouvrier. Il veut «savoir combien est dépensé, combien est investi, de combien sont les bénéfices». Et à ceux qui pensent que les ouvriers ne sont pas prêts à assumer le contrôle de leur usine, il se plaît à rappeler qu'il y a un peu plus d'un an, ce sont les mêmes qui ne croyaient pas possible une nouvelle nationalisation de SIDOR.

De ce point de vue là, on ne peut que concéder que les derniers évènements semblent lui donner entièrement raison. En effet, le 21 mai dernier, Hugo Chavez lors d'une rencontre avec les travailleurs de Guayana, annonce de nouvelles nationalisations avant d'évoquer la question du contrôle ouvrier.

Tirer les leçons de SIDOR pour les nationalisations futures

Concrètement, lors de cet atelier Hugo Chavez mentionne la possibilité pour les ouvriers d'élire leur propre direction, en concertation avec lui. «Je suis d'accord pour qu'on commence à élaborer une loi afin de réguler cela. Je suis prêts à ce que, ensemble, avec votre participation et celle du Président de la République, nous choisissions le gérant de l'entreprise», annonce-t-il alors aux travailleurs en précisant qu'il s'agit maintenant de «dessiner de nouveaux modèles afin de commencer la transition».

Mais un autre pas important est également franchi ce jour-là: la nationalisation des quatre entreprises du secteur briquetier (produisant des briquettes de minerai de fer ), ainsi que de deux autres usines complémentaires.

Parmi les quatre briqueteries figure l'entreprise Materiales Siderúrgicos (Matesi), que Techint avait acheté pour 120 millions de dollars en 2004 dans le but de contribuer, à long terme, à augmenter la production de SIDOR. Au moment de la nationalisation de cette dernière, les travailleurs de Matesi discutaient eux-aussi une convention collective. A peine trois mois après l'approbation de cette convention, l'entreprise privée décida de casser son engagement et de réduire le salaire des travailleurs de 45%, argumentant l'imminence de la crise mondiale.

«Cette attaque de l'entreprise sur les salaires agît comme un détonateur et mit en évidence le degré d'exploitation exercé par la multinationale. Cela nous a également renforcé dans notre travail politico-stratégique», commente Daniel Rodríguez, secrétaire général du syndicat de Matesi et membre du collectif Marea Socialista. Pour lui, l'exemple de SIDOR est essentiel dans la lutte engagée par les entreprises voisines. Et le contrôle ouvrier s'impose comme une nécessité dans quelque processus de nationalisation.

Aussi, quand le président Chavez parle d'un choix de direction partagé avec les ouvriers, Daniel acquiesce. Toutefois il précise «qu'avant de chercher à l'extérieur de l'entreprise des personnes sans doute compétentes mais ne connaissant pas les problématiques de l'usine, il peut être judicieux de voir les talents qui pourraient émerger en interne». Les travailleurs, sont de ce point de vue là, sans doute les mieux placés pour les connaître.

La nationalisation de SIDOR a également joué un rôle important dans la motivation des travailleurs des briqueteries pour mener leur combat. «SIDOR est pour nous une expérience à prendre en compte. Et même à un an de la nationalisation, je pense que les plus gros problèmes n'ont pas encore émergé ! C'est loin d'être facile parce qu'il s'agit de changer une structure capitaliste et d'aller vers un système socialiste», ajoute-t-il.

Daniel, William et leurs camarades ont des fois bien du mal à voir ce que pourrait être un système socialiste. Ils sont pourtant sûrs d'une chose, avec la nationalisation de SIDOR, la situation semble maintenant offrir d'autres perspectives, et pour une fois, ils font partie des acteurs principaux.


De Caracas,
Fernando Esteban et Sébastien Brulez
Prochain Numéro de Tout est à nous !

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SIDOR en quelques dates...


1953: Le gouvernement vénézuélien, alors sous la dictature de Marco Pérez Jiménez, prend la décision de construire une usine sidérurgique dans l'état de Bolivar (sud-est du pays). Est alors créé le Bureau des Études Spéciales de la Présidence de la République, a qui est confié notamment le projet sidérurgique.

1964: Création de l'entreprise publique CVG Sidérurgie de l'Orénoque C.A. (SIDOR) qui prend en charge la direction de l'usine existante.

1997 : Privatisation de SIDOR par le président Rafael Caldera et son ministre de la Planification Teodoro Petkoff. L'usine est vendue au groupe argentin Techint. Le nombre de travailleurs en CDI passe en quelques temps de 15 000 à 5 000.

9 avril 2008 : Hugo Chavez annonce la nationalisation de SIDOR. La décision est prise parce que le groupe Techint refusait d’améliorer les conditions de travail des salariés lors de la négociation d'un nouveau contrat collectif. Les travailleurs luttaient depuis plus d’un an en demandant l’amélioration de leurs salaires, de leur niveau de retraites, ainsi que l’intégration des 9 000 salariés sous-traitants.

12 juillet 2008 : Le gouvernement vénézuélien prend le contrôle complet de la Sidérurgie de l’Orénoque (SIDOR), qui à partir de ce jour s’appellera «Sidérurgie de l’Orénoque Alfredo Maneiro», en l’honneur du dirigeant politique communiste et rebelle vénézuélien mort en 1982.

2 mai 2009: Le Venezuela rachète officiellement SIDOR pour 1,97 milliard de dollars.

21 mai 2009: Lors d'une rencontre avec les travailleurs des entreprises de base, le président Chavez annonce la nationalisation des 4 usines du secteur briquetier (produisant des briquettes de minerai de fer et des plaques de fer). De cette façon, le cycle de production de l'acier passe entièrement sous contrôle de l'Etat, depuis les mines de fer jusqu'à la sidérurgie.

Posté par El Salsero à 16:10 - Et si on faisait un peu de politique ? - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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