El Salsero

Journal de bord de ma vie d'expatrié français au Venezuela

17 mars 2009

Fair play...

Après la gueule de bois due à la formidable pâtée prise par les Français face au quinze de la rose dans le tournoi des six nations, il y a urgence à trouver du réconfort. Pour moi, cela a pris la forme de la victoire du Venezuela 2-0 face à Porto Rico dans le World Baseball Classic, sorte de coupe du monde du baseball. Après avoir successivement gagné face aux Australiens, aux Italiens, aux Américains (excusez du peu), et aux Hollandais, cette victoire face aux Porto ricains permet au Venezuela d’accéder directement aux demi-finales.  Mais au-delà de l’aspect sportif, il y a autre chose qui m’a frappé, non pas lors de ce match, mais lors du match précédent. Ce match s’est déroulé à Miami, refuge comme vous le savez des gusanos cubains ou des escualidos vénézuéliens. Les opposants vénézuéliens ont une fois de plus montré toute l’étendue de leur stupidité. Durant toute la partie, ils n’ont eu de cesse de siffler et d’insulter Magglio Ordoñez, l’un des joueurs vénézuéliens, au prétexte qu’il a prit position en faveur de Chavez. Les cris étaient si forts que d’autres joueurs de l’équipe ont tenté de faire taire les supporters et ont apporté leur soutien à Ordoñez. Décidément, la haine et l’intolérance d’une partie de l’opposition (et pas n’importe laquelle, car se payer un billet d’avion pour Miami ou y vivre n’est pas à la portée de toute les bourses) est sans commune mesure. Et quelle image triste de voir des supporters grimés aux couleurs de leur pays insulter un des leurs. On dit souvent qu’en France on a la droite la plus bête du monde, je vous assure qu’au Venezuela, elle est pas mal non plus…

Magglio_Ord__ez_y_Miguel_Cabrera_en_los_entrenamientos_del_Cl_sico_Mundial
Magglio Ordoñez (à droite) en compagnie de Miguel Cabrera, l'un des premiers à s'indigner de l'attitude des supporters.

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10 mars 2009

Le Venezuela s’attaque au problème alimentaire

Prenant sans doute acte des revendications populaires qui ont fait jour durant la dernière campagne référendaire, Hugo Chavez a décidé de s’attaquer de front à l’un des problèmes majeurs de l’économie vénézuélienne, à savoir l’inflation et la pénurie dans le secteur alimentaire.

Il n’est pas rare d’avoir du mal à trouver des produits de première nécessité dans le supermarché du coin, quand dans les grands centres commerciaux où la bourgeoisie fait ses courses les rayons sont pleins de produits de luxe. La raison ? Une pénurie contrôlée par  les multinationales qui approvisionnent au compte goutte pour générer du mécontentement. S’appuyant sur une loi sur la souveraineté alimentaire décrétée il ya six mois et qui renforce le contrôle de la production des entreprises du secteur alimentaires, Chavez a donc décidé d’agir. Ainsi deux usines de riz viennent d’être réquisitionnées par l’Etat bolivarien. La première appartenant à une filiale mexicaine du céréalier mexicain Cargill est situé dans l'Etat de Portuguesa (centre), la seconde est elle la propriété du groupe Alimentos Polar, de la famille Mendoza, l’une des plus riches familles du pays. Chavez en a d’ailleurs profité pour recommander au président de Empresas Polar, Lorenzo Mendoza, de ne pas se laisser emporter par les groupes d'opposition qui tentent de le renverser à tout prix. Il faisait ainsi allusion à la récente rencontre qui à eu lieu en Espagne entre José María Aznar, et les principaux chefs d’opposition vénézuéliens, Julio Borges, Omar Barboza et Luis Ignacio Planas.
Toutefois tout en réquisitionnant ces usines, il serait bon que l’Etat enquête sur les responsables de ces pénuries chroniques. Cette enquête pourrait ainsi être accompagnée de mesure visant à développer dans ces usines le contrôle ouvrier, afin de garantir la bonne marche de la production et de la distribution.
Mais l’entreprise Polar n’a pas été la seule à subir les foudres présidentielles. Dimanche 8 mars, Hugo Chavez a donné deux semaines au groupe mexicain Coca-Cola Femsa, principale société d'embouteillage de sodas en Amérique latine, pour libérer un terrain de Caracas où elle gare ses véhicules. Ce terrain d’un hectare est en effet destiné à la construction de logement à bas prix dans le quartier de Catia à Caracas.
Par ailleurs, Chavez s’est dit inquiet de la hausse des prix dans les restaurants, notamment dans les areperas (la arepa, pain de mais fourré,  est la base de l’alimentation vénézuélienne). Notant notamment que le coût des hôtels et restaurants avait augmenté deux fois plus en février que le taux d'inflation mensuel, il s’est dit prêt à ouvrir des restaurants pour le peuple afin de contrer cette inflation démesurée.

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18 février 2009

Nouvelle victoire populaire au Vénézuéla : Libération se verrait bien désinformer ses lecteurs à vie

Une photo de Reuters montre un Chavez solitaire émergeant, narquois, de son château-fort. Le titre : "Chavez se verrait bien en président à vie". Les intertitres : "caudillo" et "insécurité". Les témoins parlent de "caudillisme". La révolution bolivarienne est un "castrisme new-look". Voilà ce que Libération offre à ses lecteurs, le 14 février 2009, en guise d´information préalable sur le nouveau scrutin que vient de remporter le peuple bolivarien avec une marge éclatante de dix pour cent, au bout de dix ans de révolution (1).
En 2006 ce journal inventait déjà de toutes pièces l´antisémitisme de Chavez au moyen d´un truquage de texte décrypté en détail par l´association Acrimed (2). Cette fois un certain Gérard Thomas met en doute la victoire populaire au référendum de ce dimanche 15 février au motif qu´une "puissante" "union bolivarienne des étudiants" aurait décidé d´appuyer le "non" de droite. Le problème pour G. Thomas c´est que nul n´a jamais vu l´organisation dont il parle. Les médias d´opposition vénézuéliens où il puise ses informations (l´opposition détient la majorité des titres de presse, web et 80 % du spectre radio et Tv) sont passé maîtres dans la manipulation mondiale et dans la récupération du label "bolivarien" pour fabriquer des clones virtuels destinés à semer la confusion parmi les électeurs. Le principal mouvement étudiant au Venezuela, le vrai, s´appelle "fédération bolivarienne des étudiants". Née il y a six ans de l´explosion des missions éducatives et de la création de l´université bolivarienne sur l´ensemble du territoire, cette fédération représente des millions de jeunes qui ont défendu hier dans les urnes la poursuite de la démocratisation d´une université jusqu´ici réservée aux classes supérieures. Les étudiants des universités privées, minoritaires mais ultramédiatisés, n´ont cessé de manifester leur refus raciste de partager l´éducation supérieure avec quelques millions de nouveaux condisciples de milieu populaire. La victoire populaire de dimanche signe leur défaite autant que celle des grands médias.
Gérard Thomas qualifie la démocratie venezuelienne de "castrisme new look" ? Une seconde, permettez. Après dix ans de révolution le Venezuela compte une quarantaine de partis politiques, de l´extrême-droite à l´extrême-gauche. La grande majorité des medias appartient à l´opposition. L´ONG chilienne indépendante Latinobarometro (3) qui sonde tout le continent vient de classer le Venezuela avec un score de 80% sur l´échelle de la conscience démocratique en Amérique Latine. Le président Lula a souligné récemment que Hugo Chavez est sans doute le plus légitime des présidents latino-américains, vu le nombre d´élections et de référendums organisés sous sa présidence, et qu´il ne voyait que démocratie dans le référendum de dimanche puisque c´est le peuple qui tranche. Rafael Correa, depuis l´Equateur, demande qu´on cesse de donner des lecons à la démocratie vénézuélienne et les Présidents de la Bolivie et du Paraguay, Evo et Lugo ont souhaité bonne chance au Président Chavez quelques heures avant les élections. Si tous ses collègues latinoaméricains le saluent ainsi, c´est aussi parce qu´ils reconnaissent que si aujourd`hui l´ìntégration latinoaméricaine avance à grand pas avec des initiatives comme la UNASUR , l`ALBA ou la Banque du Sud c`est en grande partie grace a la diplomatie vénézuélienne que Thomas qualifie d`«erratique» sous prétexte que le Venezuela aurait rompu ses relations avec Israël par solidarité avec le peuple palestinien et entretienne de bonnes relations avec l`Iran comme avec tous les grand pays du Sud de la Chine au Viet Nam, de l´Afrique du Sud a la Malaisie : ce sud que des médias comme Libé se refusent de voir.
Pourquoi faut-il que Libération continue à cacher à ses lecteurs que la possibilité de rendre reéligibles tous les élus sans limite permet simplement de multiplier l´offre démocratique des candidats ? Que cela existe déjà dans la plupart des démocraties ? Qu´en France c´est Nicolas Sarkozy qui a fait supprimer cette possibilité de se présenter plus de deux fois à la présidence (sans doute traumatisé par l´hypothèse d´un troisième mandat de Chirac - lequel aurait pu, peut-être, empêcher la France de retomber sous la coupe de l´OTAN). Pourquoi cacher qu´au Venezuela les observateurs internationaux ont jugé transparents, démocratiques toutes les élections, tous les référendums ( quinze en dix ans alors qu`entre 1959 et 1998 n`ont eu lieu que 12 elections  ), saluant un systeme electoral des plus fiables au monde?
Au fond ce que craint Libération c´est que la politique puisse encore passer par des projets à long terme, portés par de grands hommes d´État, comme de Gaulle a pu l´incarner à une époque. Pour Libération la démocratie consiste a renouveler rapidement les présidents comme les produits frais au marché. Quelle importance comme le soulignait encore recémment une étude de la CEPAL si la pauvreté a baissé de 20 % et que l´inégalité sociale ne cesse de se résorber, si la santé publique gratuite sauve des millions de vies, s´il y a encore tant à faire du point de vue de la majorité sociale pour sortir à jamais de la misère et construire l´égalité totale des droits ? Quelle importance si les vénézuéliens, contrairement aux francais, ont déjà conquis le droit de monter légalement des médias alternatifs de radio et télévision, d´y user d´une pleine liberté de parole, ou le droit de décider des politiques locales et de les évaluer à travers des milliers de conseils communaux ? Gérard Thomas fait dire à un "habitant de Caracas" que ce ne sont là que "promesses non tenues d´année en année".
Libération est passée de Sartre à Rothschild, sans sortir des règlements de compte des années 80, rivée au dogme selon lequel toute révolution mène au stalinisme. En fondant le journal Sartre avait prévenu : "Le droit a l´information n´est pas, comme on le croit à tort, un droit du journaliste mais le droit du peuple de savoir ce qui se passe. Le rôle du journaliste, en somme, est de permettre au peuple de discuter avec le peuple".

Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne
Caracas, le 15 février 2009

Notes :
1.
http://www.liberation.fr/monde/0101319404-ch-vez-se-verrait-bien-president-a-vie
2. Sur le journalisme d´imputation pratiqué par Libération contre Hugo Chavez :
http://www.acrimed.org/rubrique355.html
3. Voir
http://www.latinobarometro.org/
4. Tous les résultats des scrutins au Venezuela sont disponibles sur le site du conseil électoral :
http://www.cne.gob.ve/

Chavez

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16 février 2009

Victoire chaviste au référendum

Hier, les vénézuéliens étaient de nouveau appelés aux urnes afin de modifier un amendement de la constitution permettant à n’importe quel élu de briguer un nouveau mandat à la fin de son mandat actuel. Cet amendement visait principalement à permettre à Hugo Chavez d’être à nouveau candidat en 2012.
Avec 6.003.594 votes soit 54,36% de oui, Chavez a donc gagné sont pari, et le Venezuela a une fois de plus démontré son attachement à l’exercice démocratique du droit de vote . Devant plusieurs centaines de milliers de personnes, du haut du balcon du palais présidentiel, Chavez n’a pas tardé pour annoncer qu’il était pré-candidat à sa succession en 2012. Quant à l’opposition, tout en reconnaissant sa défaite, elle a enfourché son cheval de bataille favori : le risque d’une dictature. Le problème est tout autre. Dans un moment où le processus peine, où la crise financière se fait sentir, Chavez se devait de remobiliser son camp. Et dans un pays, où le culte du leader reste très important (héritage de Bolivar oblige), la meilleure façon pour lui était encore de donner un enjeu personnel à cette consultation. C’est donc ce qu’il s’est employé à faire tout au long de la campagne. Et les vénézuéliens ont d’ailleurs parfaitement compris le message en se rendant massivement aux urnes (plus de 67% de participation).
Si cette consultation est apparue de plus en plus, au fur et à mesure de la campagne, comme un plébiscite de la politique de Chavez et du processus bolivarien, se pose aujourd’hui la question de l’évolution politique de ce processus. Si on ne peut que se réjouir de voir confirmé la pérennité d’un processus révolutionnaire par la voie démocratique, l’enjeu aujourd’hui est bien l’approfondissement de ce processus.  De nombreuses questions restent posées quand à l’avenir de ce processus et à ses capacités à résoudre les problèmes de vie quotidienne des vénézuéliens. Le processus a réussi à éduquer son peuple, à améliorer considérablement sa santé , hissant le Venezuela  parmi les pays d’Amérique latine les plus développés avec un coefficient de Gini de 0,42  (contre 0,36 pour la France). Si résoudre les questions de santé et d’éducation est fondamental, il s’agit bien ici de faire faire au processus un saut qualitatif. Résoudre des enjeux essentiels quant à la participation populaire, au contrôle des travailleurs, à la lutte contre la corruption.
La victoire de Chavez ne doit pas cacher un danger important. Pour la première fois depuis 10 ans, l’opposition a augmenté son nombre de votes de manière considérable. Alors que jusqu’ici elle stagnait aux alentours de 4 millions de votes, elle a obtenu hier soir 5.040.082 voix (45,63%). Tout le travail de Chavez et de son gouvernement consiste donc, non pas à se reposer sur cette victoire, mais bien à écouter la revendication populaire. Tâche qui s’annonce des plus ardues dans un contexte de crise économique internationale, avec un baril du pétrole à moins de 40 dollars. Il y a fort à parier que d’ici 2012, date de la fin du mandat actuel de Chavez, le processus est évolué de manière à clarifier (en bien ou en mal) une situation qui reste confuse.

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10 février 2009

Référendum au Venezuela : Stop ou encore ?

Le 15 février prochain, les Vénézuéliens sont de nouveau appelés aux urnes dans le cadre d’un référendum visant à réformer la constitution. Hugo Chavez a en effet décidé de convoquer le peuple afin d’avoir son avis sur la possibilité pour chaque élu en place d’être à nouveau candidat à la fin de son mandat.

Jusqu’ici la constitution prévoyait une limitation des mandats à deux mandats consécutifs. Si l’amendement proposé par le Président vénézuélien est adopté, cela signifie notamment qu’il pourra de nouveau être candidat à la fin de son mandat actuel. L’amendement est donc loin d’être anodin, et un rejet populaire porterait un coup fatal à Chavez.

On peut tout d’abord se demander pourquoi Chavez à décidé de mettre à l’ordre du jour cette question si rapidement, alors qu’il lui reste encore 4 ans à gouverner. Il a fort à parier que les résultats des dernières élections fédérales et municipales l’y aient incité. En effet, si les chavistes ont gagné 17 des 23 états qui étaient en jeu, la perte de l’Etat de Miranda (où se situe Caracas) et la perte du Grand Caracas a été vécu par l’opposition comme une grande victoire (Voir Rouge n°2276). Tactiquement, l’idée de Chavez est sans doute de ne pas laisser à l’opposition le temps de profiter et de capitaliser cette victoire. Comptant sur l’aura que représente encore son nom pour de nombreux vénézuéliens, proposer un référendum permettant au Président de se présenter à nouveau à la fin de son mandat, est sans doute le meilleur moyen de remobiliser les troupes. A ceux qui pensent que la campagne est courte (elle aura duré un petit mois), Chavez rétorque qu’il a tiré les leçons du référendum perdu de décembre 2007 et qu’il ne veut pas laisser le temps à l’opposition de « pourrir » la campagne. Enfin, si ce référendum se déroule si tôt dans l’année, c’est avant pour éviter que les conséquences économiques de la crise financière ne viennent perturber la campagne électorale.

Si Chavez semble donc avoir bien calculé son coup, il n’empêche que rien ne lui garantit de gagner ce nouveau référendum. La victoire de l’opposition en décembre 2007, la première depuis 10 ans, a fait sauter des tabous. Le fait de remporter 6 Etats lui donne par ailleurs des ressources financières qu’elle n’hésite pas à jeter dans la bataille pour le « Non ». Quand aux chavistes, ils souffrent d’une gestion qui a parfois du mal à régler les problèmes quotidiens des vénézuéliens. Bien sûr, l’anniversaire des dix ans de la Révolution arrive à point nommé pour rappeler les avancées et les progrès dus au processus bolivarien. Mais rien n’indique que cela soit suffisant pour remporter cette nouvelle consultation. Et s’il y a fort à parier que l’opposition ne progresse pas et se maintienne aux alentours de 4 millions de voix, la grande inconnue sera la capacité de mobilisation du camp chaviste. En cas de forte abstention, et donc de défaite, plus qu’une simple défaite de Chavez, c’est un coup qui pourrait s’avérer fatal porté au processus bolivarien.

Manifestation_amendement
Manifestation en faveur de l'amendement constitutionnel

15 janvier 2009

Quelques chiffres...

On dit beaucoup de bêtises sur le processus bolivarien. L’opposition (nationale et internationale) parle beaucoup de l’inefficacité du gouvernement Chavez. Il suffit de lire les derniers articles de Marie Delcas dans Le Monde pour finir de s’en persuader. Je ne suis pas un fanatique des chiffres, toutefois lorsque ceux-ci sont parlants, il est intéressant d’y prêter attention. Je vous propose donc de jeter un petit coup d’œil sur le dernier bilan sorti tout droit de l'Institut national d’études statistiques du Venezuela. Je vois d’ici certains dubitatifs faire la moue au vue de ces chiffres : pas la peine, ce sont les chiffres officiels, servant de base à toutes les projections et planifications gouvernementales, et que Chavez a présenté dans son rapport annuel à l’Assemblée Nationale. Donc à moins de penser que le gouvernement cherche à se tirer un coup de fusil dans le pied, en travaillant avec de faux chiffres, il n’y a aucun doute à avoir sur leur véracité. Pour rappel, Chavez est arrivé au pouvoir en 1998.

Nombre_de_publications_du_minist_re_de_la_culture
Nombre de publications éditées annuellement par le Ministère de la Culture

Nombre_de_personnes_pouvant_b_n_ficier_d_une_retraite
Nombre de retraités pouvant bénéficier d'une pension

Taux_de_ch_mage
Taux de chômage

(Pour les non-hispaniques et non-initiés, le Golpe de Estado (Coup d'Etat) et Sabotaje Petrolero (Sabotage pétrolier) sont les deux armes de destabilisation maniées par l'opposition en 2002-2003.

Pourcentage_de_personnes_en_situation_d_extr_me_prauvret_
Pourcentage de personnes en situation d'extrême prauvreté

Taux_de_mortalit__infantile
Taux de mortalité infantile

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Indice national de développement humain

Coefficient_de_Gini
Coefficient de Gini
Le coefficient de Gini est une mesure du degré d'inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée. C'est un nombre variant de 0 à 1, où 0 signifie l'égalité parfaite (tout le monde a le même revenu) et 1 signifie l'inégalité totale (une personne a tout le revenu, les autres n'ont rien).Pour comparaison, en France, le coefficient de Gini est de 0,36.

Enfin, j'ai souhaité gardé le meilleur pour la fin. Vous pouvez lire ci-dessous l'article de Marie Delcas, publié il y a deux jours dans Le Monde, et qui s'intitule : Le Venezuela perd la maîtrise de l'inflation. Si les chiffres donnés par la journaliste sont justes, une mise en perspective historique au vue des chiffres que vous allez pouvoir voir juste à la suite de l'article aurait pu donner une toute autre tonalité à l'article.

Le Venezuela perd la maîtrise de l'inflation.
Le Monde 13 janvier 2009.

C'est un record dont le président vénézuélien, Hugo Chavez, se serait bien passé. Avec un taux d'inflation de 30,9 % en 2008, le Venezuela arrive en tête des pays latino-américains pour la troisième année consécutive, selon le chiffre rendu public, jeudi 8 janvier, par la banque centrale.
Les espoirs suscités par le "bolivar fort", entré en vigueur le 1er janvier 2008, ont fait long feu. Le gouvernement attendait un "effet psychologique" de cette nouvelle monnaie, obtenue en enlevant trois zéros à un bolivar qui depuis vingt ans n'avait cessé de se déprécier. "Un bolivar fort, une économie forte, un pays fort", prônait le slogan officiel.
Faute de mesures d'accompagnement, la reconversion monétaire n'a pas permis de juguler la spirale inflationniste que connaît le Venezuela depuis 2005. Et le marché noir de devises - apparu à la suite de l'instauration du contrôle des changes en 2003 - se porte mieux que jamais. Le dollar, qui vaut officiellement 2,15 bolivars forts, s'y échange à plus de 6.
Selon le rapport de la banque centrale, les aliments, qui constituent l'essentiel des dépenses chez les ménages pauvres, ont plus augmenté que le reste. Dans les secteurs populaires, l'inflation a donc été de 35,7 %, précise la banque, une injustice dont le Venezuela n'a pas le privilège.

PÉNURIES DE VIANDE OU DE LAIT

Le taux d'inflation est à la hausse dans toute l'Amérique latine. L'envolée des prix des aliments et du pétrole au premier semestre y est pour beaucoup. Mis à part le Brésil (avec une inflation de 5,9 %), aucun pays de la région n'a pu respecter le plafond qu'il s'était fixé. En Colombie, la hausse des prix a atteint 7,6 %, en Equateur 8,8 %, en Bolivie 11 %. Mais ces chiffres restent loin derrière ceux du Venezuela.
"L'inflation est, en partie, conséquence du dynamisme de l'économie et de la consommation", assure à Caracas un haut fonctionnaire qui se veut optimiste, en rappelant que la croissance - positive pour la cinquième année consécutive - a été de 4,6 % au Venezuela.
Dopées par les recettes pétrolières, qui représentent la moitié du budget de l'Etat et 94 % des exportations du pays, les dépenses publiques n'ont cessé d'y augmenter. Les programmes sociaux de la "révolution bolivarienne" ont stimulé la demande des secteurs défavorisés, mais l'offre n'a pas toujours suivi.
En effet, l'insécurité juridique et les menaces d'expropriations ont rendu frileux les investisseurs privés. Le contrôle des prix instauré sur les produits de première nécessité a favorisé l'apparition de pénuries sporadiques de viande, de lait ou de sucre. Seules des importations massives de produits alimentaires - achetés au prix fort - ont permis d'en venir à bout.
La baisse des prix du pétrole - si elle doit durer - contraindra le gouvernement à diminuer ces importations, au risque de provoquer de nouvelles pénuries, note Domingo Maza Zavala, ancien directeur de la banque centrale. Il craint que "la pression inflationniste ne s'en trouve renforcée", alors même que la croissance est à terme menacée.
Selon la Commission économique pour l'Amérique latine (Cepal), le Venezuela devrait connaître un taux de croissance de 3 % en 2009. Les plus pessimistes des économistes affirment qu'il ne dépassera pas 1 %.

Marie Delcas.

Inflation_annuelle
Inflation annuelle

On vu de ces chiffres, l'article de Marie Delcas est un mensonge de plus. Non seulement le Venezuela n'a pas perdu la maîtrise d'un inflation qui est certes encore beaucoup trop forte, mais au contraire, le Gouvernement Chavez a réussi à baisser une inflation qui a pu atteindre près de 60% sous les Gouvernements précédents... Edifiant, non ?

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07 décembre 2008

Situation tendue au Venezuela après les élections

Depuis les élections régionales et municipales, la tension ne cesse de croître dans le pays avec l’assassinat de plusieurs dirigeants syndicaux et paysans. Par ailleurs Chavez vient d’annoncer un nouveau référendum.

Le 27 novembre, ont été assassinés dans l’Etat d’Aragua (Etat limitrophe à l’Etat Miranda qui englobe Caracas) Richard Gallardo, Luis Hernandez et Carlos Requena, syndicalistes de l’Union Nationales des Travailleurs (UNT) et militants de Marea Socialista. Bien que les circonstances de leurs assassinats restent floues, de forts soupçons pèsent la société ALPINA (transnationale Colombienne) avec laquelle les travailleurs étaient en conflit.  Les meurtres ont eu lieu, en pleine nuit, alors que les dirigeants de l'UNT venaient de quitter leur usine où se déroulait une grève. Ces assassinats, qui restent malheureusement monnaie courant au Venezuela ont ému l’ensemble du pays. Le 1er décembre, Chavez est revenu sur ces meurtres durant l'acte de la proclamation du nouveau gouverneur d'Aragua, Rafael Isea. Il a annoncé notamment qu’une enquête approfondie sur les faits allait être diligentée. Il a aussi indiqué que l'enquête porterait sur ses sociétés transnationales qui utiliseraient la méthode de tueurs à gages dans le pays. Le Président a également évoqué la nécessité de purger la police de l'État d'Aragua, impliqués dans des actions répressives contre les travailleurs.

Par ailleurs, le leader  paysan Braulio Alvarez, qui a été lui-même la cible d'une attaque proche de lui coûter la vie il y a deux ans, a annoncé le 5 décembre la mort du dirigeant paysan Juan Bautista Duran, dans l’Etat Portuguesa (ouest du pays) et à attribué le meurtre à des paramilitaires payés par des propriétaires terriens. La lutte contre les grandes exploitations, tout en étant garanti par la Constitution vénézuélienne, a coûté la vie à 216 dirigeants paysans au cours des 10 dernières années.

Ces assassinats se font au moment où l’opposition se sent forte comme jamais après sa conquête de 6 Etats sur 23 lors des dernières élections. De nombreuses provocations se sont ainsi produites dans le pays, comme par exemple dans la municipalité de Sucre (Etat de Miranda) où un groupe de conseils communaux a fait l’objet d’actes d'intimidation de la part de groupes d'opposition visant à inciter l'évacuation des espaces publics récupérés par la population.

C’est dans ce contexte que Chavez vient d’annoncer la convocation d’un nouveau référendum le 22 février 2009. Appelant les militants du PSUV à récolter des centaines de milliers de signatures afin d’appuyer ce référendum, il s’agit pour Chavez de remobiliser les troupes après la perte de certains Etats importants lors des dernières élections. Quand à l’objet du référendum, il est simple. Il s’agit de modifier la constitution afin de supprimer la limitation du Président de la République à deux mandats consécutifs. Si le référendum est gagné, cela permettrait à Hugo Chavez d’être à nouveau candidat en 2012. Il a par ailleurs annoncé que si la victoire était au bout du référendum, il postulerait automatiquement comme candidat pour les primaires du PSUV aux présidentielles.


Chavez annonçant le référendum pour février 2009

27 novembre 2008

Les chavistes se rassurent après leur victoire aux élections fédérales et municipales.

Le traumatisme du référendum perdu de décembre 2007, était encore dans toutes les têtes des militants du PSUV quand la Présidente du Conseil National Electoral a annoncé les résultats des élections fédérales et municipales, dimanche soir aux alentours de 23h30.

Mais très vite, l'anxiété a laissé place aux sourires quand celle-ci a égrainé les résultats, Etat par Etat. Au total, le PSUV gagne 17 Etats sur les 22 Etats, plus le district fédéral qui étaient en jeu (l'Etat d'Amazonas ne participait pas à ces élections du fait d'un statut particulier).

Cela fait aujourd'hui indiscutablement du PSUV la première force politique du pays. De ce point de vue, le PSUV a donc passé avec brio son premier test électoral.

L'autre satisfaction tient au taux de participation. Alors que d'habitude, les élections locales parviennent difficilement à atteindre les 30% de participation, ces dernières élections ont vu plus de 65% des vénézuéliens se déplacer aux urnes. Preuve s'il en est, de la prise de conscience populaire de l'importance de ces élections pour redynamiser le processus, après le référendum perdu.

Toutefois tout n'est pas rose (ou plutôt rouge) dans le nouveau paysage électoral qui s'est dessiné hier. Si l'opposition est largement battue, elle remporte toutefois des victoires symboliques. Elle est arrivée tout d'abord à conserver des Etats traditionnellement hostiles au processus comme Zulia (où Chavez s'était personnellement impliqué dans la campagne), ou Nueva Esparta. Mais surtout, elle a réussi a gagner les Etats de Tachira, Carabobo et enfin, le plus important, l'Etat de Miranda, qui englobe Caracas.

Pire encore, concernant les élections municipales, au niveau de la ville de Caracas, si les chavistes conservent la partie centrale de la ville (Municipio Libertador) avec la victoire du chaviste Jorge Rodriguez, la véritable défaite est advenue au niveau de l'Alcadia Mayor (le Grand Caracas), puisque Aristobulo Istúriz (une des figures les plus emblématique et populaire du chavisme) a du s'incliner face au candidat de l'opposition.

Certes, pas de quoi stopper le processus. La victoire est nette. Toutefois, les pertes électorales subies sont suffisantes pour rappeler à Chavez qu'il est urgent de s'attaquer à un certain nombre de problèmes (corruption, insécurité, inflation…) qui minent le quotidien des vénézuéliens.

26 octobre 2008

Communiqué des députés européens Willy MEYER et Giusto CATANIA, au nom du groupe GUE/NGL.

Comment la droite du Parlement européen se ridiculise et jette le discrédit sur le mécanisme de défense des Droits de l’Homme du Parlement européen.

Par sa résolution sur les droits de l’homme au Venezuela, la droite du Parlement européen se ridiculise et jette le discrédit sur le mécanisme de défense des Droits de l’Homme du Parlement européen

Après plusieurs tentatives avortées, la majorité de droite du Parlement européen, -cette même droite qui a récemment voté la directive du retour-, a finalement réussi à faire inscrire le Venezuela comme thème d’urgence des Droits de l’Homme du Parlement européen, suite à l’insistance de l’opposition du Venezuela, dont divers representants ont séjourné plusieurs fois en Europe dans ce but.

En appuyant cette résolution, la droite du Parlement européen se fait l’alliée objective des personnes corrompues du Venezuela, -qu’ils soient proches de l’opposition ou du gouvernement-, puisuq’elle attaque le système des "inhabilitiation", qui oblige légalement le Contrôleur général du Venezuela à interdire à des fonctionnaires publics ou des mandataires qui ont opéré des malversations, à se présenter aux élections durant un certain temps. Ce système est similaire à celui qui existe dans divers pays européens, et il a été appliqué de façon prudente et dans le plus strict respect du droit par le Contrôleur Général du Venezuela, qui a ainsi appliqué une législation adoptée avant l’avènement au pouvoir du gouvenement actuel, qui a été adopté avec l’appui de l’Assemblée nationale du Venezuela, y compris l’opposition, et qui a été confirmée ensuite par 4 décisions de la Cour suprême.

Il est frappant que la droite ait insisté de mettre ce sujet à l’ordre du jour, s’opposant par contre catégoriquement à ce que le Parlement européen débate de sujets urgents des Droits de l’Homme, tels que l’assassinat d’indiens et de syndicalistes en Colombie, ou la tentative échouée de coup d’Etat contre le président Evo Morales par les secteurs d’extrême droite de la ville de Santa Cruz en Bolivie.

Face à ce détournement du mécanisme des droits de l’homme à des fins partisanes, trois groupes politiques qui réunissent 301 députés européens, le groupe de la Gauche Unitaire Européenne (GUE/NGL), le groupe des Verts (VERTS-ALE), et le groupe socialiste (PSE) ont décidé de ne pas participer au vote de cette résolution, prévu ce jeudi 23 Octobre. Ils estiment que vote discrédite gravement le mécanisme de défense des droits humains du Parlement européen, et le détourne dans le but de mener un attaque sans fondement contre un gouvernement progressiste d’Amérique latine.

imagen___inhabilitados
Cette caricature représente Leopoldo Lopez, que je vous ai présenté dans un précédent message, maire actuel de Chacao, arrondissement le plus à droite de Caracas. Leopoldo Lopez a été interdit de se représenter car il est accusé de malversations. On le voit ici représenté en joueur de foot, expulsé du terrain. Il répond à l'arbitre " Vous ne pouvez pas m'inhabiliter, car la constitution me garantie la libre circulation sur tout le territoire national, et ceci inclu ce terrain de foot, dont j'ai volé le ballon, les buts, et les drapeaux de corner..."

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23 octobre 2008

La bière, la bière, C'est comme si c'était mon frère... (Les Garçons Bouchers).

Je ne sais pas si la musique des Garçons Bouchers est prête à supplanter la salsa locale, mais visiblement les vénézueliens ont fait leur, depuis longtemps, les incantations de François Hadji-Lazaro. Le Venezuela est le troisième producteur de bière d’Amérique Latine derrière le Brésil et le Mexique, et le premier consommateur en litres par habitant avec 82,1 litres devant le Panama....

La_consommation_de_bi_re_par_pays

En 2005, la bière a représenté 95,22 % de l'ensemble des ventes de boissons alcoolisées. Entre 1998 et 2005, le volume des ventes de bière a augmenté à un taux de 0,45 % par année, pour atteindre 1 889 millions de litres. L'effet positif du taux de croissance démographique de 1,92 % par année a été en partie contrebalancé par l'influence négative de -1,44 % par année exercée par les « autres » facteurs. On prévoit une hausse de la consommation de la bière de 11,76 % d’ici à 2010.

Carte_consommation

Carte de la consommation mondiale de bière par an et par habitant.

██ moins de 10 litres.
██ de 10 à 50 litres.
██ de 50 à 75 litres.
██ de 75 à 110 litres.
██ plus de 110 litres.

La production de la bière Polar, au Venezuela a commencé en 1941 avec la création de la société Antímano dans l'ouest de Caracas. En 1950, grâce à la réussite de la bière Polar, une seconde usine est construite à Barcelona (est du pays). En 1951, une autre usine est ouverte à Caracas, avec une capacité de stockage de 500 000 litres mensuels. En 1961, est inauguré la quatrième usine Polar dans le pays, conçu pour répondre à la demande du marché à l'ouest des Andes et basée à Maracaibo.
En 1977, c’est la naissance de la Fondation Empresas Polar organisme social de l'entreprise, censé être une structure de planification en matière de santé, nutrition, éducation de base, de l'éducation pour le travail et le développement communautaire. En 1978, ouvre la cinquième usine Polar, cette fois à San Joaquin, d'une capacité de 12 millions litres par mois.
En 1996, Empresas Polar s’allie avec Pepsi Cola pour la production et la distribution de Pepsi dans le pays, et lance également sur le marché la bière Polar Light.
En 2000 Polar entreprises lance une offensive en direction des boissons non-gazeuses des boissons gazeuses y compris l'eau minérale Minalba.
En 2004 arrive sur le marché la Solera Light actuellement l'une bières les plus vendues avec la Polar Light.

Chica_Polar

A à peine 37 ans, Lorenzo Giménez Alejandro Mendoza est l'actuel président du groupe Polar, la plus grande entreprise alimentaire du Venezuela. Sa fortune personnelle dépasse 4 milliards d'euros…

Posté par El Salsero à 07:53 - Et si on faisait un peu de politique ? - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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