El Salsero

Journal de bord de ma vie d'expatrié français au Venezuela

06 novembre 2009

Referendum populaire à Caracas contre les bases US et contre le coup d’Etat au Honduras

Dimanche 25 octobre s’est déroulé dans le quartier 23 de Enero (l’un des plus pauvres de Caracas), le premier referendum contre les bases US et contre le coup d’Etat au Honduras.

Suite à l’annonce, par la Colombie, de l’installation de sept bases US sur son territoire, Evo Morales avait lancé un appel à un référendum populaire continental, afin d’inviter la population à se prononcer sur la politique impérialisme nord-américaine. Prenant au mot le président bolivien, Les groupes sociaux et politiques de 23 de Enero, quartier historiquement très militant, ont donc organisé cette consultation avec l'intention de promouvoir la mobilisation des peuples contre l’offensive nord-américaine. « Pour les Etats-Unis, l’Amérique Latine n'est pas un ensemble de nations indépendantes, mais un terrain à coloniser militairement pour profiter de la grande quantité de ressources naturelles dont elle dispose », explique Juan, l’un des organisateurs de la consultation. Et quand on lui demande pourquoi le referendum, mêle à la fois les bases américaines et le coup d’Etat au Honduras, Juan répond : « Parce que ca fait partie d’une seule et unique politique. Et cette consultation est aussi l’occasion pour nous d’envoyer nos salutations révolutionnaires en particulier à nos camarades de Colombie et du Honduras, de ces bastions de la résistance qui sont confrontés à des régimes fascistes. »
Contre le capitalisme
Pour Zulieka, autre dirigeante du quartier, « Ce n’est pas seulement une invitation à voter. Cette consultation doit être prise dans le cadre de la lutte pour changer le monde, comme une étape dans la lutte pour abattre le capitalisme et sa politique de guerre  et d'ingérence qui méprisent ouvertement la souveraineté des peuples ». Tous sont persuadés que derrière les événements du Honduras et la politique colombienne, se cache la même volonté d’en finir avec le processus bolivarien, le mauvais élève de la classe, Et Zulieka de rajouter : « Ce que les Etats-Unis ne comprennent, c'est que les peuples du monde ont accumulé suffisamment d'expérience pour savoir que le capitalisme est c’exploitation, l'injustice, la faim, la répression et la misère. Le capitalisme doit être vaincu si on veut que le monde soit sauvegardé. Il faut se rappeller la phrase prémonitoire Rosa Luxembourg, Socialisme ou barbarie»
13 000 personnes ont voté
Et de fait, l’expérience est une réussite. Après 6 heures de vote, ce sont plus de 9000 personnes qui se sont exprimées. A ceux-ci, il convient d’ajouter les 4000 personnes qui ont voté par internet, la page web Aporrea ayant décidé de promouvoir le référendum. Au moment du comptage, les résultats sont sans surprise et affiche un 99% de contre. « Ce qu'il faut maintenant pour maintenir cet état de mobilisation anti-impérialiste et répéter cette expérience à travers le pays et le continent », affirme Staline Pérez, dirigeant de Marea Socialista. De fait, un appel à été lancé au sein de la UNT (principale centrale syndicale du pays) par Staline Pérez et par Marcela Maspero (dirigeante du courant CTR)  pour «organiser des manifestations similaires dans les usines et lieux de travail».  Nul doute, qu’une telle initiative fera des émules.

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06 juin 2009

Un an après sa nationalisation, la nouvelle SIDOR explore les chemins de la participation

En mai 2008, après 15 mois de lutte, Hugo Chavez annonce la nationalisation de SIDOR, principale aciérie du pays, appartenant au groupe argentin Techint. Un an après, retour sur les changements et les attentes des travailleurs.

15h. William Farias, électricien de maintenance, pointe pour prendre son tour à SIDOR, entreprise qui applique les 3 huit. Casque sur la tête, masque anti-poussière, lunettes, casque anti-bruit, chaussures de sécurité, autant de protections qui semblent pourtant bien dérisoires au regard de la dureté du travail au sein de cette immense usine qui s'étend sur plus de 900 hectares et qui produit 4 millions de tonnes d'acier par an. «Après 20 ans ici, je ne m'y suis toujours pas habitué», confie-t-il. José Eduardo Pinto, 52 ans, 25 d'ancienneté confirme «j'arrive toujours au travail avec la peur au ventre».

Puerto Ordaz, où est située l'entreprise, est une ville où la température dépasse quotidiennement les 30 degrés. A SIDOR, le thermomètre flirte plus généralement avec les 40. A cela viennent s'ajouter le fracas assourdissant des machines et la poussière de métal en suspension qui s'infiltre dans tous les pores de la peau et scie les chairs à chaque mouvement. Armés de protections supplémentaires, certains ouvriers travaillent face aux fours où le métal en fusion atteint les 1500 degrés. Andrés, aujourd'hui technicien, en garde encore les séquelles sur ses mains brûlées par l'explosion d'un four, à l'époque où il était opérateur.

De profonds changements

Pourtant, malgré la pénibilité du travail quotidien, ils sont nombreux à exprimer leur fierté d'appartenir à cette usine, sentiment d'autant plus grand aujourd'hui que l'entreprise a été renationalisée. Une nationalisation qu'ils ont arraché il y a un an de haute lutte. Ce retour dans le giron de l'Etat leur a apporté un certain nombre de bénéfices immédiats. «Les bénéfices des travailleurs se sont améliorés de 200%. Avant nous étions marginalisés, humiliés, sacrifiés par une multinationale qui nous volait notre vie, qui nous volait tout», commente José Eduardo.

En effet, l'ancienne direction était uniquement préoccupée par les questions de production et de productivité, au détriment des hommes et des machines. Aujourd'hui tous soulignent le changement profond d'ambiance qui ouvre une large place au dialogue et qui permet de prévenir les problèmes techniques ou les conflits humains avant qu'il n'éclatent. Sirio Velasquez, chef de bureau aux Ressources Humaines, précise d'ailleurs qu'à l'époque, vu les conditions de travail, «il y avait une grande rotation des effectifs. Actuellement il existe une volonté d'adapter les postes à l'âge, l'expérience et les capacités de chaque travailleur». De fait, de nombreuses d'entreprises privées ont décidé de ne plus travailler avec SIDOR après la nationalisation. «Les entreprises sous-traitantes sont passées de 630 à environ 300. Beaucoup ne voulaient pas travailler avec l'Etat, d'autres n'ont pas voulu s'adapter au nouveau cahier des charges».

Mais les conditions de travail n'ont pas été les seules à évoluer. Les salaires ont eux aussi connu un changement significatif. Sirio indique qu'un ouvrier non qualifié débutant touchait  sous Techint 800 bolivars (l'équivalent de 270 euros), soit le salaire minimum. Aujourd'hui, ce même ouvrier gagne 2600 bolivars (soit 870 euros). Et un ouvrier d'exhiber fièrement sa fiche de paie qui affiche, après vingt ans d'ancienneté, un salaire de 5800 bolivars (1900 euros). La nationalisation obtenue prend d'un coup un aspect plus concret.

Les sous-traitants ont pu eux aussi vérifier les avantages de la nationalisation. Être travailleur titulaire ne relève pas que du symbolique, de nombreuses disparités existaient par rapport à leurs collègues, même si elles disparaissent progressivement. Il y a bien sûr la question des salaires mais d'autres discriminations existaient sous la gestion privée. Les sous-traitants n'avaient par exemple pas accès aux réfectoires, les obligeant à manger à l'extérieur ou dans les ateliers sans aucune norme d'hygiène. Il leur était également interdit d'utiliser les bus menant les travailleurs à l'usine, située pourtant à plusieurs kilomètres de la ville. Autant d'éléments qui montrent l'importance d'être titulaire chez SIDOR.

D'autres types d'attente se font jour

Ainsi, 1300 sous-traitants sont passés en CDI, portant le nombre de «sidoristes» à 6200, ceci en application d'une clause de la convention collective négociée entre 2006 et 2008 par le syndicat et Techint, établissant les conditions de titularisation des personnels.

Toutefois, il existe des laissés pour compte de ce processus d'intégration. Giovanni Ford, technicien sous-traitant travaillant à SIDOR depuis 1996, fait partie de ceux-là. Pour lui, «aucune étude sérieuse n'a été menée pour savoir qui devait être intégré. L'établissement des listes s'est fait de manière aléatoire et la convention collective a été mal appliquée». De fait, les choix d'intégration de la nouvelle direction de SIDOR révèlent un certain nombre d'incohérences, puisque des sous-traitants se sont vu refuser la titularisation malgré une ancienneté bien supérieure à d'autres.

Au-delà de ce problème, c'est bien le fait que la nouvelle direction, comme l'ancienne, prenne des décisions de manière unilatérale, qui est montré du doigt. César Olarte, contremaître,  comprend bien que cette année écoulée était avant tout une année de transition, mais il entend bien que la nouvelle direction laisse de l'espace aux ouvriers dans le contrôle de l'usine.

Contrôle ouvrier, le mot est lâché. Beaucoup d'entre eux en parlent sans en avoir toujours une définition bien précise. Tous sont toutefois d'accord pour dire qu'après la nationalisation, il est important que les travailleurs prennent le contrôle de l'usine, de leur usine. Pour William, les premières tables rondes qui ont eu lieu entre d'un côté les travailleurs de SIDOR et de l'autre, Maria Cristina Iglesias, ministre du Travail, et Jorge Giordani, ministre de la Planification, sont essentielles. Elles marquent l'importance de l'écoute du gouvernement. «Elles doivent permettre de réfléchir à une production de l'acier non pas à l'échelle de la seule SIDOR mais bien à l'échelle de la région de Guayana (sud-est du pays). La production devrait ainsi passer de 4 à 15 millions de tonnes par an, en concertation avec les ouvriers qui décident combien et comment produire», indique William.

César note que les ouvriers ne doivent pas simplement appliquer un plan de production qui serait décidé par la direction ou l'Etat, mais participer à l'élaboration même de ce plan. «Même le budget doit faire l'objet d'un vote en assemblée ouvrière» argue-t-il, avant de préciser : «Quelles machines doit-on acheter ? Quelles doit-on réparer ? Pourquoi ?... Tous les budgets, tous les comptes doivent être transparents pour permettre à chacun de participer à la conduite de son usine». C'est aussi ce qui vient en premier à la bouche de José Eduardo quand il parle de contrôle ouvrier. Il veut «savoir combien est dépensé, combien est investi, de combien sont les bénéfices». Et à ceux qui pensent que les ouvriers ne sont pas prêts à assumer le contrôle de leur usine, il se plaît à rappeler qu'il y a un peu plus d'un an, ce sont les mêmes qui ne croyaient pas possible une nouvelle nationalisation de SIDOR.

De ce point de vue là, on ne peut que concéder que les derniers évènements semblent lui donner entièrement raison. En effet, le 21 mai dernier, Hugo Chavez lors d'une rencontre avec les travailleurs de Guayana, annonce de nouvelles nationalisations avant d'évoquer la question du contrôle ouvrier.

Tirer les leçons de SIDOR pour les nationalisations futures

Concrètement, lors de cet atelier Hugo Chavez mentionne la possibilité pour les ouvriers d'élire leur propre direction, en concertation avec lui. «Je suis d'accord pour qu'on commence à élaborer une loi afin de réguler cela. Je suis prêts à ce que, ensemble, avec votre participation et celle du Président de la République, nous choisissions le gérant de l'entreprise», annonce-t-il alors aux travailleurs en précisant qu'il s'agit maintenant de «dessiner de nouveaux modèles afin de commencer la transition».

Mais un autre pas important est également franchi ce jour-là: la nationalisation des quatre entreprises du secteur briquetier (produisant des briquettes de minerai de fer ), ainsi que de deux autres usines complémentaires.

Parmi les quatre briqueteries figure l'entreprise Materiales Siderúrgicos (Matesi), que Techint avait acheté pour 120 millions de dollars en 2004 dans le but de contribuer, à long terme, à augmenter la production de SIDOR. Au moment de la nationalisation de cette dernière, les travailleurs de Matesi discutaient eux-aussi une convention collective. A peine trois mois après l'approbation de cette convention, l'entreprise privée décida de casser son engagement et de réduire le salaire des travailleurs de 45%, argumentant l'imminence de la crise mondiale.

«Cette attaque de l'entreprise sur les salaires agît comme un détonateur et mit en évidence le degré d'exploitation exercé par la multinationale. Cela nous a également renforcé dans notre travail politico-stratégique», commente Daniel Rodríguez, secrétaire général du syndicat de Matesi et membre du collectif Marea Socialista. Pour lui, l'exemple de SIDOR est essentiel dans la lutte engagée par les entreprises voisines. Et le contrôle ouvrier s'impose comme une nécessité dans quelque processus de nationalisation.

Aussi, quand le président Chavez parle d'un choix de direction partagé avec les ouvriers, Daniel acquiesce. Toutefois il précise «qu'avant de chercher à l'extérieur de l'entreprise des personnes sans doute compétentes mais ne connaissant pas les problématiques de l'usine, il peut être judicieux de voir les talents qui pourraient émerger en interne». Les travailleurs, sont de ce point de vue là, sans doute les mieux placés pour les connaître.

La nationalisation de SIDOR a également joué un rôle important dans la motivation des travailleurs des briqueteries pour mener leur combat. «SIDOR est pour nous une expérience à prendre en compte. Et même à un an de la nationalisation, je pense que les plus gros problèmes n'ont pas encore émergé ! C'est loin d'être facile parce qu'il s'agit de changer une structure capitaliste et d'aller vers un système socialiste», ajoute-t-il.

Daniel, William et leurs camarades ont des fois bien du mal à voir ce que pourrait être un système socialiste. Ils sont pourtant sûrs d'une chose, avec la nationalisation de SIDOR, la situation semble maintenant offrir d'autres perspectives, et pour une fois, ils font partie des acteurs principaux.


De Caracas,
Fernando Esteban et Sébastien Brulez
Prochain Numéro de Tout est à nous !

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SIDOR en quelques dates...


1953: Le gouvernement vénézuélien, alors sous la dictature de Marco Pérez Jiménez, prend la décision de construire une usine sidérurgique dans l'état de Bolivar (sud-est du pays). Est alors créé le Bureau des Études Spéciales de la Présidence de la République, a qui est confié notamment le projet sidérurgique.

1964: Création de l'entreprise publique CVG Sidérurgie de l'Orénoque C.A. (SIDOR) qui prend en charge la direction de l'usine existante.

1997 : Privatisation de SIDOR par le président Rafael Caldera et son ministre de la Planification Teodoro Petkoff. L'usine est vendue au groupe argentin Techint. Le nombre de travailleurs en CDI passe en quelques temps de 15 000 à 5 000.

9 avril 2008 : Hugo Chavez annonce la nationalisation de SIDOR. La décision est prise parce que le groupe Techint refusait d’améliorer les conditions de travail des salariés lors de la négociation d'un nouveau contrat collectif. Les travailleurs luttaient depuis plus d’un an en demandant l’amélioration de leurs salaires, de leur niveau de retraites, ainsi que l’intégration des 9 000 salariés sous-traitants.

12 juillet 2008 : Le gouvernement vénézuélien prend le contrôle complet de la Sidérurgie de l’Orénoque (SIDOR), qui à partir de ce jour s’appellera «Sidérurgie de l’Orénoque Alfredo Maneiro», en l’honneur du dirigeant politique communiste et rebelle vénézuélien mort en 1982.

2 mai 2009: Le Venezuela rachète officiellement SIDOR pour 1,97 milliard de dollars.

21 mai 2009: Lors d'une rencontre avec les travailleurs des entreprises de base, le président Chavez annonce la nationalisation des 4 usines du secteur briquetier (produisant des briquettes de minerai de fer et des plaques de fer). De cette façon, le cycle de production de l'acier passe entièrement sous contrôle de l'Etat, depuis les mines de fer jusqu'à la sidérurgie.

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15 mai 2009

Anniversaire d'Aporrea

Hier Aporrea (Asemblea Popular Revolucionaria) a fêté ses 7 ans au théâtre Teresa Careño, devant environ 400 personnes. L’ensemble des salariés et des fondateurs du portail d'informations en ligne Aporrea.org, étaient réuni pour célébrer les sept ans du site, sous le titre «Sept ans à battre les ennemis de notre peuple", Ce canal alternatif d’information est né dans la chaleur du coup d’Etat de 2002 et du sabotage pétrolier. Dans son discours inaugural, Gonzalo Gomez, directeur d’Aporrea, a notamment souligné qu’en 7 ans, le site a reçu 200 millions de visites, et en est maintenant à 40 à 50 milliers de visiteur chaque jour. Après les discours notamment du vice-ministre de la culture et de la directrice de la communication chargée des média communautaire, de nombreux groupes locaux se sont retrouvés pour jouer à tour de rôle. Parmi eux Dame pa 'Matala, et Charango Cantos.
L'activité a également permis de  recueillir des signatures pour l'appel contre la violation systématique des droits de l'homme par une partie des médias privés, dont la chaîne de télévision  Globovisión.

gonzalo7aosaporrea
Gonzalo Gomez

damepamatala7aosaporrea
Dame pa 'Matala

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27 mars 2009

Point sur la santé économique vénézuélienne

En cette période de crise économique (et non pas financière), l'opposition vénézuélienne fait feu de tout bois pour tenter de discréditer le gouvernement Chavez et sa conduite du pays. Quelques chiffres valant toujours mieux qu'un grand discours, je préfère vous livrer les statistiques issues de divers organismes officiels (Banque Centrale, Ministère de la Planification, Institut des Études Statistiques... ). Pour le reste je vous renvoi à l'excellent article de Sébastien sur les mesures anticrises prises, samedi dernier, par Chavez.

Evolution_du_PIB
Croissance nationale (évolution du PIB)
L'économie vénézuélienne a augmenté durant 21 trimestres consécutifs, poussée par les divers secteurs productifs du pays, malgré la récession économique vécue par divers pays du monde.


Extr_me_pauvret_
Extrême pauvreté
Pourcentage de personnes en situation d'extrême pauvreté, par semestre, de 1990 à 2008.


Ch_mage_mensuel
Taux de Chômage mensuel
Le taux de chômage du mois de février 2009 est de 7,40% poursuit sa tendance à la baisse. Il doit être comparé avec le taux 7,60% à la même période de l'année passée.


Ch_mage_en_AL
Taux de chômage en Amérique Latine
Dans les principales économies latino-américaines, on commence à noter de forts signes d'augmentation du taux de chômage, sauf pour l'économie vénézuélienne, qui malgré sa troisième position, offre un des taux les plus bas pour les mois de janvier et février de cette année.


Revenu_Minimum_L_gal
Revenu légal minimum en bolivars
(salaire minimum et tickets d'alimentation) de 1988 à 2009


Salaire_minimum_en_AL
Salaire minimum en Amérique Latine en dollars en 2009

10 mars 2009

Le Venezuela s’attaque au problème alimentaire

Prenant sans doute acte des revendications populaires qui ont fait jour durant la dernière campagne référendaire, Hugo Chavez a décidé de s’attaquer de front à l’un des problèmes majeurs de l’économie vénézuélienne, à savoir l’inflation et la pénurie dans le secteur alimentaire.

Il n’est pas rare d’avoir du mal à trouver des produits de première nécessité dans le supermarché du coin, quand dans les grands centres commerciaux où la bourgeoisie fait ses courses les rayons sont pleins de produits de luxe. La raison ? Une pénurie contrôlée par  les multinationales qui approvisionnent au compte goutte pour générer du mécontentement. S’appuyant sur une loi sur la souveraineté alimentaire décrétée il ya six mois et qui renforce le contrôle de la production des entreprises du secteur alimentaires, Chavez a donc décidé d’agir. Ainsi deux usines de riz viennent d’être réquisitionnées par l’Etat bolivarien. La première appartenant à une filiale mexicaine du céréalier mexicain Cargill est situé dans l'Etat de Portuguesa (centre), la seconde est elle la propriété du groupe Alimentos Polar, de la famille Mendoza, l’une des plus riches familles du pays. Chavez en a d’ailleurs profité pour recommander au président de Empresas Polar, Lorenzo Mendoza, de ne pas se laisser emporter par les groupes d'opposition qui tentent de le renverser à tout prix. Il faisait ainsi allusion à la récente rencontre qui à eu lieu en Espagne entre José María Aznar, et les principaux chefs d’opposition vénézuéliens, Julio Borges, Omar Barboza et Luis Ignacio Planas.
Toutefois tout en réquisitionnant ces usines, il serait bon que l’Etat enquête sur les responsables de ces pénuries chroniques. Cette enquête pourrait ainsi être accompagnée de mesure visant à développer dans ces usines le contrôle ouvrier, afin de garantir la bonne marche de la production et de la distribution.
Mais l’entreprise Polar n’a pas été la seule à subir les foudres présidentielles. Dimanche 8 mars, Hugo Chavez a donné deux semaines au groupe mexicain Coca-Cola Femsa, principale société d'embouteillage de sodas en Amérique latine, pour libérer un terrain de Caracas où elle gare ses véhicules. Ce terrain d’un hectare est en effet destiné à la construction de logement à bas prix dans le quartier de Catia à Caracas.
Par ailleurs, Chavez s’est dit inquiet de la hausse des prix dans les restaurants, notamment dans les areperas (la arepa, pain de mais fourré,  est la base de l’alimentation vénézuélienne). Notant notamment que le coût des hôtels et restaurants avait augmenté deux fois plus en février que le taux d'inflation mensuel, il s’est dit prêt à ouvrir des restaurants pour le peuple afin de contrer cette inflation démesurée.

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27 février 2009

Pub

L’autre jour dans le métro, mon regard a été attiré par une publicité. Graphiquement tout d’abord, celle-ci tranchait avec la majorité des pubs locales où de pulpeuses vénézuéliennes court vêtues vantent la joie de se désaltérer avec telle ou telle bière, quand ce n’est pas Chavez qui embrasse un vieux ou un bébé pour vanter le processus. Là, point de photo, mais un dessin, joliment fait d’ailleurs, représentant un ouvrier à la tâche. Et ce slogan, simple mais efficace : « Le socialisme se construit avec unité, conscience et organisation. » Mais je crois que le plus marquant est encore que cette pub ne venait pas d’un quelconque syndicat mais directement du ministère du travail. Quand l’Etat incite à la prise de conscience et à l’auto organisation ouvrière, que demande le peuple ?

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18 février 2009

Nouvelle victoire populaire au Vénézuéla : Libération se verrait bien désinformer ses lecteurs à vie

Une photo de Reuters montre un Chavez solitaire émergeant, narquois, de son château-fort. Le titre : "Chavez se verrait bien en président à vie". Les intertitres : "caudillo" et "insécurité". Les témoins parlent de "caudillisme". La révolution bolivarienne est un "castrisme new-look". Voilà ce que Libération offre à ses lecteurs, le 14 février 2009, en guise d´information préalable sur le nouveau scrutin que vient de remporter le peuple bolivarien avec une marge éclatante de dix pour cent, au bout de dix ans de révolution (1).
En 2006 ce journal inventait déjà de toutes pièces l´antisémitisme de Chavez au moyen d´un truquage de texte décrypté en détail par l´association Acrimed (2). Cette fois un certain Gérard Thomas met en doute la victoire populaire au référendum de ce dimanche 15 février au motif qu´une "puissante" "union bolivarienne des étudiants" aurait décidé d´appuyer le "non" de droite. Le problème pour G. Thomas c´est que nul n´a jamais vu l´organisation dont il parle. Les médias d´opposition vénézuéliens où il puise ses informations (l´opposition détient la majorité des titres de presse, web et 80 % du spectre radio et Tv) sont passé maîtres dans la manipulation mondiale et dans la récupération du label "bolivarien" pour fabriquer des clones virtuels destinés à semer la confusion parmi les électeurs. Le principal mouvement étudiant au Venezuela, le vrai, s´appelle "fédération bolivarienne des étudiants". Née il y a six ans de l´explosion des missions éducatives et de la création de l´université bolivarienne sur l´ensemble du territoire, cette fédération représente des millions de jeunes qui ont défendu hier dans les urnes la poursuite de la démocratisation d´une université jusqu´ici réservée aux classes supérieures. Les étudiants des universités privées, minoritaires mais ultramédiatisés, n´ont cessé de manifester leur refus raciste de partager l´éducation supérieure avec quelques millions de nouveaux condisciples de milieu populaire. La victoire populaire de dimanche signe leur défaite autant que celle des grands médias.
Gérard Thomas qualifie la démocratie venezuelienne de "castrisme new look" ? Une seconde, permettez. Après dix ans de révolution le Venezuela compte une quarantaine de partis politiques, de l´extrême-droite à l´extrême-gauche. La grande majorité des medias appartient à l´opposition. L´ONG chilienne indépendante Latinobarometro (3) qui sonde tout le continent vient de classer le Venezuela avec un score de 80% sur l´échelle de la conscience démocratique en Amérique Latine. Le président Lula a souligné récemment que Hugo Chavez est sans doute le plus légitime des présidents latino-américains, vu le nombre d´élections et de référendums organisés sous sa présidence, et qu´il ne voyait que démocratie dans le référendum de dimanche puisque c´est le peuple qui tranche. Rafael Correa, depuis l´Equateur, demande qu´on cesse de donner des lecons à la démocratie vénézuélienne et les Présidents de la Bolivie et du Paraguay, Evo et Lugo ont souhaité bonne chance au Président Chavez quelques heures avant les élections. Si tous ses collègues latinoaméricains le saluent ainsi, c´est aussi parce qu´ils reconnaissent que si aujourd`hui l´ìntégration latinoaméricaine avance à grand pas avec des initiatives comme la UNASUR , l`ALBA ou la Banque du Sud c`est en grande partie grace a la diplomatie vénézuélienne que Thomas qualifie d`«erratique» sous prétexte que le Venezuela aurait rompu ses relations avec Israël par solidarité avec le peuple palestinien et entretienne de bonnes relations avec l`Iran comme avec tous les grand pays du Sud de la Chine au Viet Nam, de l´Afrique du Sud a la Malaisie : ce sud que des médias comme Libé se refusent de voir.
Pourquoi faut-il que Libération continue à cacher à ses lecteurs que la possibilité de rendre reéligibles tous les élus sans limite permet simplement de multiplier l´offre démocratique des candidats ? Que cela existe déjà dans la plupart des démocraties ? Qu´en France c´est Nicolas Sarkozy qui a fait supprimer cette possibilité de se présenter plus de deux fois à la présidence (sans doute traumatisé par l´hypothèse d´un troisième mandat de Chirac - lequel aurait pu, peut-être, empêcher la France de retomber sous la coupe de l´OTAN). Pourquoi cacher qu´au Venezuela les observateurs internationaux ont jugé transparents, démocratiques toutes les élections, tous les référendums ( quinze en dix ans alors qu`entre 1959 et 1998 n`ont eu lieu que 12 elections  ), saluant un systeme electoral des plus fiables au monde?
Au fond ce que craint Libération c´est que la politique puisse encore passer par des projets à long terme, portés par de grands hommes d´État, comme de Gaulle a pu l´incarner à une époque. Pour Libération la démocratie consiste a renouveler rapidement les présidents comme les produits frais au marché. Quelle importance comme le soulignait encore recémment une étude de la CEPAL si la pauvreté a baissé de 20 % et que l´inégalité sociale ne cesse de se résorber, si la santé publique gratuite sauve des millions de vies, s´il y a encore tant à faire du point de vue de la majorité sociale pour sortir à jamais de la misère et construire l´égalité totale des droits ? Quelle importance si les vénézuéliens, contrairement aux francais, ont déjà conquis le droit de monter légalement des médias alternatifs de radio et télévision, d´y user d´une pleine liberté de parole, ou le droit de décider des politiques locales et de les évaluer à travers des milliers de conseils communaux ? Gérard Thomas fait dire à un "habitant de Caracas" que ce ne sont là que "promesses non tenues d´année en année".
Libération est passée de Sartre à Rothschild, sans sortir des règlements de compte des années 80, rivée au dogme selon lequel toute révolution mène au stalinisme. En fondant le journal Sartre avait prévenu : "Le droit a l´information n´est pas, comme on le croit à tort, un droit du journaliste mais le droit du peuple de savoir ce qui se passe. Le rôle du journaliste, en somme, est de permettre au peuple de discuter avec le peuple".

Maximilien Arvelaiz et Thierry Deronne
Caracas, le 15 février 2009

Notes :
1.
http://www.liberation.fr/monde/0101319404-ch-vez-se-verrait-bien-president-a-vie
2. Sur le journalisme d´imputation pratiqué par Libération contre Hugo Chavez :
http://www.acrimed.org/rubrique355.html
3. Voir
http://www.latinobarometro.org/
4. Tous les résultats des scrutins au Venezuela sont disponibles sur le site du conseil électoral :
http://www.cne.gob.ve/

Chavez

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16 février 2009

Victoire chaviste au référendum

Hier, les vénézuéliens étaient de nouveau appelés aux urnes afin de modifier un amendement de la constitution permettant à n’importe quel élu de briguer un nouveau mandat à la fin de son mandat actuel. Cet amendement visait principalement à permettre à Hugo Chavez d’être à nouveau candidat en 2012.
Avec 6.003.594 votes soit 54,36% de oui, Chavez a donc gagné sont pari, et le Venezuela a une fois de plus démontré son attachement à l’exercice démocratique du droit de vote . Devant plusieurs centaines de milliers de personnes, du haut du balcon du palais présidentiel, Chavez n’a pas tardé pour annoncer qu’il était pré-candidat à sa succession en 2012. Quant à l’opposition, tout en reconnaissant sa défaite, elle a enfourché son cheval de bataille favori : le risque d’une dictature. Le problème est tout autre. Dans un moment où le processus peine, où la crise financière se fait sentir, Chavez se devait de remobiliser son camp. Et dans un pays, où le culte du leader reste très important (héritage de Bolivar oblige), la meilleure façon pour lui était encore de donner un enjeu personnel à cette consultation. C’est donc ce qu’il s’est employé à faire tout au long de la campagne. Et les vénézuéliens ont d’ailleurs parfaitement compris le message en se rendant massivement aux urnes (plus de 67% de participation).
Si cette consultation est apparue de plus en plus, au fur et à mesure de la campagne, comme un plébiscite de la politique de Chavez et du processus bolivarien, se pose aujourd’hui la question de l’évolution politique de ce processus. Si on ne peut que se réjouir de voir confirmé la pérennité d’un processus révolutionnaire par la voie démocratique, l’enjeu aujourd’hui est bien l’approfondissement de ce processus.  De nombreuses questions restent posées quand à l’avenir de ce processus et à ses capacités à résoudre les problèmes de vie quotidienne des vénézuéliens. Le processus a réussi à éduquer son peuple, à améliorer considérablement sa santé , hissant le Venezuela  parmi les pays d’Amérique latine les plus développés avec un coefficient de Gini de 0,42  (contre 0,36 pour la France). Si résoudre les questions de santé et d’éducation est fondamental, il s’agit bien ici de faire faire au processus un saut qualitatif. Résoudre des enjeux essentiels quant à la participation populaire, au contrôle des travailleurs, à la lutte contre la corruption.
La victoire de Chavez ne doit pas cacher un danger important. Pour la première fois depuis 10 ans, l’opposition a augmenté son nombre de votes de manière considérable. Alors que jusqu’ici elle stagnait aux alentours de 4 millions de votes, elle a obtenu hier soir 5.040.082 voix (45,63%). Tout le travail de Chavez et de son gouvernement consiste donc, non pas à se reposer sur cette victoire, mais bien à écouter la revendication populaire. Tâche qui s’annonce des plus ardues dans un contexte de crise économique internationale, avec un baril du pétrole à moins de 40 dollars. Il y a fort à parier que d’ici 2012, date de la fin du mandat actuel de Chavez, le processus est évolué de manière à clarifier (en bien ou en mal) une situation qui reste confuse.

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13 février 2009

Fin de campagne en faveur du Oui

Des centaines de milliers de personnes se sont donné rendez-vous hier, 12 février, à Caracas, pour fêter la clôture de la campagne en faveur de l'amendement constitutionnel. Le cortège à démarrer dans le barrio de Petare (Est de la ville) pour rejoindre l'avenue Bolivar en fin d'après-midi. Là près de 300 000 personnes ont attendu l'arrivée d'Hugo Chavez qui, dans un discours de deux heures environ, a tenté de convaincre les derniers indécis de l'importance de voter en faveur de l'amendement constitutionnel.

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10 février 2009

Référendum au Venezuela : Stop ou encore ?

Le 15 février prochain, les Vénézuéliens sont de nouveau appelés aux urnes dans le cadre d’un référendum visant à réformer la constitution. Hugo Chavez a en effet décidé de convoquer le peuple afin d’avoir son avis sur la possibilité pour chaque élu en place d’être à nouveau candidat à la fin de son mandat.

Jusqu’ici la constitution prévoyait une limitation des mandats à deux mandats consécutifs. Si l’amendement proposé par le Président vénézuélien est adopté, cela signifie notamment qu’il pourra de nouveau être candidat à la fin de son mandat actuel. L’amendement est donc loin d’être anodin, et un rejet populaire porterait un coup fatal à Chavez.

On peut tout d’abord se demander pourquoi Chavez à décidé de mettre à l’ordre du jour cette question si rapidement, alors qu’il lui reste encore 4 ans à gouverner. Il a fort à parier que les résultats des dernières élections fédérales et municipales l’y aient incité. En effet, si les chavistes ont gagné 17 des 23 états qui étaient en jeu, la perte de l’Etat de Miranda (où se situe Caracas) et la perte du Grand Caracas a été vécu par l’opposition comme une grande victoire (Voir Rouge n°2276). Tactiquement, l’idée de Chavez est sans doute de ne pas laisser à l’opposition le temps de profiter et de capitaliser cette victoire. Comptant sur l’aura que représente encore son nom pour de nombreux vénézuéliens, proposer un référendum permettant au Président de se présenter à nouveau à la fin de son mandat, est sans doute le meilleur moyen de remobiliser les troupes. A ceux qui pensent que la campagne est courte (elle aura duré un petit mois), Chavez rétorque qu’il a tiré les leçons du référendum perdu de décembre 2007 et qu’il ne veut pas laisser le temps à l’opposition de « pourrir » la campagne. Enfin, si ce référendum se déroule si tôt dans l’année, c’est avant pour éviter que les conséquences économiques de la crise financière ne viennent perturber la campagne électorale.

Si Chavez semble donc avoir bien calculé son coup, il n’empêche que rien ne lui garantit de gagner ce nouveau référendum. La victoire de l’opposition en décembre 2007, la première depuis 10 ans, a fait sauter des tabous. Le fait de remporter 6 Etats lui donne par ailleurs des ressources financières qu’elle n’hésite pas à jeter dans la bataille pour le « Non ». Quand aux chavistes, ils souffrent d’une gestion qui a parfois du mal à régler les problèmes quotidiens des vénézuéliens. Bien sûr, l’anniversaire des dix ans de la Révolution arrive à point nommé pour rappeler les avancées et les progrès dus au processus bolivarien. Mais rien n’indique que cela soit suffisant pour remporter cette nouvelle consultation. Et s’il y a fort à parier que l’opposition ne progresse pas et se maintienne aux alentours de 4 millions de voix, la grande inconnue sera la capacité de mobilisation du camp chaviste. En cas de forte abstention, et donc de défaite, plus qu’une simple défaite de Chavez, c’est un coup qui pourrait s’avérer fatal porté au processus bolivarien.

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Manifestation en faveur de l'amendement constitutionnel

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